Oui je sais, tu avais sans doute oublié même l’existence de ton abonnement à ce blog et quand tu as vu un nouvel article publié, tu t’es demandé ce que c’était que ce truc. Alors je suppose qu’une petite explication s’impose. Voici, entre autres, une des raisons de mon silence.
J’ai 29 ans, et dans un an, je ne pourrai plus être éligible à une expérience de « Service Civique ». Mais kézako ? En quelques mots, il s’agit d’une expérience de volontariat d’une durée de 3 à 9 mois pendant laquelle nous sommes rémunérés gentillement ( 590 euros/mois à peu près ), mais qui permet d’acquérir une expérience intéressante.
Expérience de radio chez Radio FM-Plus
Je voulais absolument avoir une expérience de radio et j’ai donc fait des pieds et des mains pour trouver une radio qui m’accepterait. Après avoir essuyé quelques refus suite à des entretiens méticuleux digne d’un emploi de CDI à plein-temps à l’ONU, j’ai finalement rencontré la responsable de Radio FM-Plus lors du salon des associations et elle a accepté de me donner ma chance.
Et quelle chance ! J’ai été très vite responsabilisé et amené à mener matinales d’informations et interviews en direct. Je ne vais pas cacher que cela était plutôt intimidant pour moi mais je me suis doucement pris au jeu et prenais de plus en plus de plaisirs dans mon rôle d’animateur radio.
Et le handicap visuel ?
C’est là que je suis – il faut dire – vite retomber sur terre. Si j’entendais couramment que « malgré le handicap, on peut tout faire quand on veut » force a été de constater un énorme gouffre entre bonnes intentions et faisabilité réelle, entre la théorie et la pratique.
En effet, dès le début, j’ai pris conscience que si la radio est un média purement auditif lors de sa consommation, c’est en fait purement visuel lors de sa pratique. Mes collègues passaient leurs temps sur leurs feuilles de notes à lire ce qui y était inscrit et finalement, le gros du travail se faisait dans la rédaction de cells-ci.
Forcé donc de m’adapter à cette impossibilité de lire mes notes, je les apprenais. Quant à mes invités, je faisais un tel travail de recherche sur eux que j’aurais pu être embauché au FBI. L’idée était de les connaître un maximum afin de chercher mes mots le moins possible et de m’imprégner de leurs actualités respectives afin de tout avoir dans la tête. Autant dire que mes soirée (et parfois, mes débuts de matinées) n’étaient que des révisions de mes notes, de la lecture et relecture intensive, une sorte de bourrage de crâne volontaire. J’ai donc mis de coté certaines choses, dont ce blog.
Mais…
Toutefois, c’était une belle expérience, intéressante qui correspondait à ce que je voulais à ce moment là : faire de la radio quoi qu’il en coûte. J’ai rencontré de belles personnes et j’en ai appris plus sur le milieu associatif très riche de ma région, L’Occitanie en devant faire l’interview de personnes que je ne connaissais pas avant. Mais j’ai aussi parfois eu la chance de pouvoir choisir mes invités.
C’est comme ça que j’ai pu interviewer Le Repair Café de Montpellier qui permettent à travers leur association de lutter contre l’obsolescence programmée de nos appareils électroniques en les réparant et leur donnant une nouvelle vie ou encore Les lions du désert, une équipe inclusive de sportifs valides et en situation de handicap qui va participer au Marathon des sables dans le Sahara dès que celui-ci sera possible.
C’était donc une expérience très riche de rencontres et d’apprentissages, de quoi stimuler ma curiosité obsessionnelle pour les autres.
Donc…?
Si c’était à refaire, je le referais de la même façon. J’ai fais de belles rencontres, me suis prouvé que j’étais capable de tenir une interview, une matinale d’informations et me suis surpris en me prouvant le nombre d’informations que j’étais capable de retenir. Mais j’ai aussi fais face à mes limites et ai été forcé de les écouter. Mais c’est finalement en m’y confrontant que je les ais comprises.
Accepter les limites que le handicap m’impose est un long chemin, sinueux, parfois laborieux mais c’est en les testant que doucement, je les apprivoises.
Bon, pour être franc, depuis que je suis malade, je ne me vois pas vivre bien vieux. Je me donne parfois des pronostics du style : Allez, à 31 ans je suis en fauteuil. A 35 je commence à ne plus pouvoir me servir de mon bras droit. A 40 ans, qui sait encore quel type de capacité j’aurais perdus, autre que la vue, la marche, le mouvement d’un bras. Il reste encore la parole, l’odorat, le goût et bien sûr, le plus important selon moi, ma capacité de réflexion.
Bon, alors avec cette incertitude permanente, comment faire des projets ? Comment vivre en épargnant pour demain, en espérant, imaginant un avenir particulier et en se donnant les moyens d’y arriver ?
Quand j’étais petit, je me demandais parfois « à quoi bon s’embêter à apprendre mes tables de multiplication ? Et si je meurs demain, ça aura servi à quoi ?
Et j’ai vécu jusqu’à l’annonce de ma maladie avec cette idée. A quoi bon, si je meurs demain ? Du coup, je ne travaillais jamais et j’ai traversé ma scolarité sans ouvrir un cahier une fois rentré à la maison. Et je pense que le fait de toujours arrivé à avoir la moyenne ne m’encourageais pas à travailler plus. Bref, j’étais plutôt partisan du moindre effort à cause de l’incertitude de la vie qui m’attendais. Je pouvais mourir demain comme dans 60 ans. Mais moi, ce qui m’inquiétais, c’était que possiblement, je meurs demain !
Pourtant, à bientôt 30 ans, j’y suis encore. En mauvaise santé certes mais en vie. Je disais plus haut que j’accordais beaucoup d’importance à l’éventualité de mourir, jusqu’à l’annonce de ma maladie. Plutôt bizarre comme idée. Pourquoi être au courant d’être atteint d’une maladie neuro-dégénérative, m’a donné envie de vivre ?
Je ne sais pas vraiment au fond. Je sais juste qu’ être diagnostiqué d’une maladie qui me détruirais à petit feu et qui me rapprocherait progressivement de ma fin, a pu, quelque part, me rassurer. Oui, j’avais enfin un programme un peu plus clair devant moi et je savais plus ou moins vers où j’allais, à savoir, la mort. Cette fois, c’était sûr. J’en étais bien plus sûr qu’auparavant. Mon chemin était mieux tracé et j’en percevait la forme et les contours.
Mais bref, pourquoi parlais-je de ça ? Ah oui, voilà, l’incertitude de son destin. Elle est omniprésente en chacun de nous et on a tous une manière différente de vivre avec. Certains vont vivre à fond, peut être avec une conscience plus aiguë de la certitude de leur fin, d’autres au contraire, s’auto-détruiront, avec la même certitude de notre finitude, mais pourtant, choisissant d’inconsciemment peut être, accélérer le processus. (Je suis conscient de la vision stéréotypé que je donne ici, il faut plutôt le voir comme une idée générale que comme une vérité bien trop simple pour être ce qu’elle n’est pas.)
Pour ma part, avec une maladie dégénérative et incurable à ce jour, je me situe un peu entre les deux. Je vis à fond car maintenant, je sais un peu mieux où je vais, mais je vois mon corps qui m’abandonne petit à petit et me rapproche de la fin à vitesse grand V.
Auparavant, l’infini des possibles me donnait le vertige. Si bien que j’avais inconsciemment choisi de ne rien faire. Et finalement, cette maladie, en rétrécissant petit à petit mes possibilités, m’a donné envi d’exploiter celles qui restaient. Car enfin, je n’avais plus le choix.
Pourtant, je me surprends de plus en plus à penser comme quand j’étais petit. Mais ce n’est plus la mort qui m’inquiète. C’est la vie. Pourquoi s’engager dans telle activité, dans telle entreprise, dans telle relation, sachant que je ne pourrais peut être plus vivre comme je le fais actuellement. Pourquoi se lancer dans un projet professionnel spécifique quand je ne sais même pas si je serais en mesure d’exercer ce travail plus tard ? On pourrait me répondre de ne pas penser à demain et de vivre au jour le jour. Mais comment s’empêcher de penser que les efforts que je fournis aujourd’hui pour arriver à réaliser ce projet de vie, seront peut être vains car je ne serais tout simplement plus en mesure de vivre comme je l’imaginais. Et si je préfère, au contraire, me mettre à l’abri de toute déception éventuelle, quel projet de vie pourrais-je imaginer qui ne requiert aucune capacité motrice, sensorielle ou mentale ?
Mais « en même temps », si je pars de ce principe là, celui de « ne pas me mouiller », que tout est vain et que je ferais mieux de rester à ma place en évitant tout effort personnel, je m’handicap avant même de le devenir. Ce serait me tirer une baille dans le pieds de penser ainsi. Ce serait même peut être, accélérer le processus dégénératif de la maladie. Et là, je serais rassuré puisque, une fois de plus, je saurais où je vais, avec une acuité encore jamais atteinte. Là c’est une piste royale vers la mort qui s’ouvrirait devant moi. Oui tout ça, c’est bien nulle. Pourtant, parfois, je l’envisage.
Mais parfois, je pense aussi que ma situation n’est pas si différente de celle de quelqu’un en bonne santé. Est ce que son incertitude de l’avenir n’est pas égale à la mienne ? Puisque on va tous mourir, que l’on soit en bonne ou en mauvaise santé. Et personne ne sait quand ni comment. Donc si on veut s’épargner toute déception après la mort, on ne fait rien. On est donc sûr de ne rien faire. Et donc de ne rien regretter…sauf peut être, le fait de ne pas avoir vécu.
Est ce que vivre, ce n’est pas tenter, en permanence ? La condition de l’homme est depuis toujours plongé dans l’inconnu. Pourtant, la plupart se sont accroché à la vie comme un chien à sa gamelle, et ont pris la vie comme elle était.
Cela me fait penser à une sorte de jeux de rôle. On joue tous, les uns après les autres. On a droit qu’à un seul essai. Que celui-ci dure 10 ou 100 ans, l’important n’est pas la chute, mais l’atterrissage, l’aboutissement, mais le chemin pour y arriver. A chacun de choisir celui qu’il empruntera. Car ce qui est certain, c’est le présent, et c’est au fond la seule chose que l’on peut changer. Et rien n’empêche de vivre au présent dans une idée de futur hypothétique. Si on est heureux comme ça, c’est la seule chose importante à prendre en compte.
Personne ne sait de quoi sera fait l’avenir. Mais si il y a un choix à faire pour demain, c’est celui d’aujourd’hui.
Ça fait longtemps que je n’ai pas publié ici mais le temps ne me le permettait malheureusement plus.
Toutefois, grâce ou à cause de ce confinement, j’ai du temps pour moi. Et du coup, je me rends compte de certaines choses, de certaines pensées, de questionnements que je n’avais pas pris le temps d’entendre et qui là, frappent à la porte avec entrain.
C’est pourquoi, non sans appréhension, j’ai ouvert la fenêtre, (Non par ce que c’est qu’ils sont nombreux là dedans, vaut mieux filtrer le passage.) et j’ai écouter ces doléances.
Bon, pour faire simple, il s’agit de la maladie qui peu à peu me grignote de l’intérieur. Et avec le confinement, et l’aérobic de maison obligatoire pour tous, je me suis rendu compte d’une nouvelle manifestation de la sclérose en plaques.
En effet, après la perte de la vue, bientôt de la marche, c’est aujourd’hui au tour de mon bras droit de m’abandonner peu à peu. Et il va sans dire que selon toute probabilité, celui-ci suivra le chemin de sa voisine la jambe droite (bientôt à la retraite) .
Alors, je vais pas faire semblant d’en être insensible, non, cette maladie fait chier ! Mais puisqu’il en est ainsi et que je n’ai pas encore le super-pouvoir de régénérer mes cellules mourantes, il faut bien trouver une raison de vivre qui balaie le coté obscur de la force.
Et en ces temps d’isolement social généralisé, je n’ai eu d’autres choix que de me tourner vers des êtres toujours présents quoi qu’il arrive, les stoïciens. Pour aller à leur rencontre, il suffit de tourner des pages ou de faire des micro mouvements du doigt droit. Et heureusement, le doigt n’est pas confinable.
Bref, le postulat du Stoïcisme est on ne peut plus simple : Dans la vie, il y’a ceux qui ont le pistolet chargé, et ceux qui creuse, il y a ce qui dépends de moi et ce qui ne dépends pas de moi.
Dans le Manuel d’Epictète, un ouvrage qui, point par point, nous délivre la doctrine philosophique pratique du stoïcisme, il nous est explicité cette vision des choses. Voyons en premier, ce qui dépends de moi :
« Les choses qui dépendent de nous sont par nature libres, sans empêchement, sans entraves. »
Il dépends donc de moi de travailler pour atteindre mes objectifs, d’entretenir mon corps malade, de bien agir. Il est dans mon plein pouvoir d’étudier, d’apprendre, de me cultiver. Rien ni personne ne peux m’en empêcher. Je suis totalement libre de ce que je fais de mon corps et de mon cerveau. Libre de ce que je fais de moi. Les cartes sont distribués et il est c’est à mon tour de jouer, avec les moyens qui me sont alloués. Un peu comme le début d’un scénario dans « Zeus, le maître de l’Olympe » sorti en l’an 2000 sur PC. The best game ever, pour les anciens.
En revanche : « Les choses qui ne dépendent pas de nous sont dans un état d’impuissance, de servitude, d’empêchement, et nous sont étrangères ».
Il ne dépend donc pas de moi d’avoir tel ou tel corps, d’être né ici ou ailleurs, les opinions qu’ont les autres de moi. Si il dépend en effet de moi d’agir bien ou mal à ma guise, les opinions qu’ont les autres de moi me sont étrangères. De même qu’il ne dépends pas de ma volonté d’avoir hérité de tel corps, d’être malade, ou d’être né dans tel famille. On dit donc que l’on ne choisit pas sa famille mais en vrai, on ne choisit pas grand chose. On ne choisit pas avec quel jeu on démarre la partie mais est ce que comme au Poker, y’a toujours moyen de se refaire ?
Bref, LeManuel nous dit ainsi: « Souviens-toi donc que, si tu crois que les choses qui sont par nature dans un état de servitude sont libres et que les choses qui te sont étrangères sont à toi, tu te heurteras à des obstacles dans ton action, tu seras dans la tristesse et l’inquiétude, et tu feras des reproches aux dieux et aux hommes. »
En effet, c’est en désirant changer ce sur quoi je n’ai aucun pouvoir, ce qui ne dépend pas de moi, mais que pour une raison x ou y, je n’accepte pas, que je déroule le tapis rouge à la frustration, la colère et la souffrance. Ca sert donc à rien de gueuler contre son jeu de carte, de tout envoyer valser et de partir bouder dans un coin. (Même si ça fait du bien).
La philosophie d’Epictète conclue : « Si au contraire tu penses que seul ce qui est à toi est à toi, que ce qui t’est étranger – comme c’est le cas – t’est étranger, personne ne pourra plus exercer une contrainte sur toi, personne ne pourra te forcer, tu ne feras plus une seule chose contre ta volonté, personne ne pourra te nuire, tu n’auras plus d’ennemi, car tu ne subiras plus de dommage qui pourrait te nuire. »
Ici, je trouve une première piste de réflexion qui me permet d’appréhender la maladie de manière différente. Effectivement, à l’heure actuelle, il n’y a rien que je puisse faire pour guérir de la maladie. Bien qu’elle fasse partie de moi, elle m’est étrangère, son évolution ne semble pas dépendre de moi – de ce qu’en sait la science. Mais il dépends encore de moi d’apprendre, de faire du sport, de me cultiver, d’aimer, de rire…Oui, j’ai encore le choix de la manière dont je choisi de vivre cette vie. En gros, Get rich or die tryin‘ comme disait le philosophe 50 Cent.
Et guérir, on sait jamais…sur un malentendu, ça peut marcher.
« La maladie est une entrave pour le corps, mais non pour la volonté. A moins que celle-ci n’y consente. »Epictète
Noël approche à grand pas et on va tous crouler sous des montagnes de cadeaux inutiles magnifique. Tous…sauf ceux qui n’ont personne avec qui le fêter.
Ça peut être pour pleins e raisons :
Famille trop loin pour aller les voir
Famille en conflit
Pas/plus de famille
Pas/plus concerné
C’est triste non ? Ça dépends comment on vois les choses !
Pourquoi ne pas fêter noël ?
Tu gagnes du temps. Deux jours de « fêtes » en moins, c’est deux jours ou tu peux faire tout ce que tu veux d’autres ! Sortir, apprendre, créer, tout est permis 🙂
Tu fais des économies. Tu n’es pas obligé de faire des cadeaux à ton beau-frète que tu ne vois pas d l’année et à qui tu ne sais jamais quoi offrir.
Tu gagnes du temps de cerveau disponible. En t’épargnant toutes les promotions et soldes exclusives pourries, tu a plus de temps pour penser à de vraies choses.
Tu gagnes de l’énergie. Plus besoin e rester coincé à table avec le grand-père raciste de ta belle-mère.
Et enfin, tu ne reprendras pas le boulot avec trois kilos de plus et une envie de pioncer permanente.
Mais surtout, si tu veux ne pas être seul le jour du réveillon, tu peux aller proposer tes services dans les nombreuses associations d’aide humanitaires de ta ville qui organisent quasiment tous un noël solidaire et qui ont besoin de bénévoles !
Donc économie d’énergie, de temps, d’argent et…solidarité !
J’ai été très occupé ces derniers temps ce qui explique un peu pourquoi j’ai pas écrit d’articles depuis un moment. Mais je reviens avec aujourd’hui, un retour en Nouvelle-Calédonie !
Bon, depuis que je suis sur le caillou (comme l’appellent les locaux) on m’a promené un peu partout.
Je suis notamment passé par un style de bar très répandue sur l’île, les Nakamal.
Mais j’y reviendrais plus tard car pour l’heure, c’est de la beauté pure et simple qui m’attends – Une petite ballade en avion !
Arrivé à l’aérodrome, avec de nouveau, un ciel plein de jolis contrastes…ça s’annonce plutôt bien !Et c’est parti ! (Avec du Pink Floyd dans les oreilles)
Bon, là, tu comprends vite qu’on est sur une île. A peine décollé que l’on voit autour de nous une étendue d’eau gigantesque. L’avion balance un peu de haut en bas mais au moins c’est authentique et tu as vraiment la sensation de voler dans les airs. On est pas dans un Airbus !
Alors j’ai essayé de prendre quelques photos et vidéos même si je t’avoue qu’à ce moment là, je me demandais si profiter du moment présent n’étais pas la meilleur chose à faire. Finalement, aujourd’hui, je suis bien content d’avoir pris ces images. Je peux m’y replonger à mon aise et ça c’est quand même top ! 🙂
Bon, ça bouge un peu..!
Ce que l’on voit sur la vidéo, c’est le phare de l’île Amédée. Un minuscule îlot de 400 mètres de long et 270 de large situé à 24 km de Nouméa. Le phare a été érigé en 1865 suite à plusieurs naufrages de navires entrant dans le lagon de la Nouvelle-Calédonie.
Car oui, pour entrer en Nouvelle-Calédonie par bateau, le lagon n’a que trois « passes naturelle » dont celle-ci, indiquée par le rayonnement du phare Amédée.
Le reste est « protégé » par d’énormes barrières récifales ( des rochers à fleur d’eau en somme), et d’îlots coralliens rendant la navigation impossible. C’est par ailleurs, le lagon le plus beau du monde !
Et je peux confirmer la galère de naviguer, ne serait ce qu’en canoë-kayak, un petit peu au large, mais j’y reviendrais !
En plein milieu de l’Océan pacifique, on peut constater la faible profondeur de l’eau avec la mer qui vient se jeter sur de vastes étendues de sables à fleur d’eau.Quand l’eau dessine les contours de la barrière récifales de l’île…ça donne ça !Et le soleil pointe le bout de son nez !On approche des côtes…
Une demi-heure plus tard et c’est déjà finis ! Merci encore à la personne qui m’a permis de faire ce petit tour en avion…ou comment commencer mon séjour en Nouvelle-Calédonie avec des étoiles dans les yeux.
Des yeux qui certes, ne voient plus grand chose mais qui m’ont encore permis ici de profiter du paysage somptueux, de la majestueuse grande barrière récifales naturelle aux nuances de couleurs inouïes que permet le ciel lunatique Calédonien.
Bref, changement de registre puisque quelques jours plus tard, on m’embarque dans un Nakamal.
Euh kézako ?
Les Nakamal sont une sorte de bar…mais en plus « sauvage ». Disons que c’est une clairière au sol en terre battu avec de la taule et des tentures en guise de murs. Ils sont souvent situé à l’écart des villes, au beau milieu de la nature.
Il y a un comptoir auprès duquel on peut consommer uniquement du kava. C’est une boisson euphorisante préparé à partir de la racine de la plante du même nom et qui ne pousse que dans cette région du monde. Le kava est servi dans une demi noix de coco et ressemble un peu à du lait…mais en très très amer !
Le gout est si spécial que la boisson est toujours consommé « cul-sec » et un crachoir est mis à disposition du consommateur…c’est vous dire !
Il n’y a pas d’alcool en vente, car ici me dit-on, boire de l’alcool est mal vu.
Ce soir là, en plus de l’ambiance particulière des Nakamal, avec ses lumières rougeoyante, il y avait un petit concert de reggae local…
On est pas bien là ?
L’ambiance est cool, tout le monde est relax (le kava aidant) et le son, bien sympa !
Parmi les personnes avec qui on est, deux d’entre elles sont sur l’île depuis 6 mois seulement et viennent également de métropole. En discutant, j’apprends qu’ils ne se déplacent qu’en stop sur l’île…et que ça marche plutôt bien !
Je garde ça dans un coin de ma tête. Car oui, on est quand même situés à une heure de route de la ville, en plein milieu de « nulle part » et il n’y a qu’un bus qui passe très tôt le matin et qui rentre sur les coups de 17h. Donc niveau autonomie, en plus de mon handicap qui fait que je ne vois pas grand chose et ne peux guère marcher plus de 10 min sans m’arrêter, je suis dépendant de mes proches.
Donc le stop, solution d’autonomie ? C’est ce qu’on verra plus tard ! 🙂
Ca y’est je suis dans l’avion direction la Nouvelle-Calédonie !
Alors qu’il survole l’île et s’apprête à aterrir, je regarde, yeux grands ouverts par le hublot. Il fait nuit et il n’y a quasiment pas de lumières au sol.
Effectivement, sur la route qui m’amène de l’aéroport au domicile de mes proches, tout est noir autour de nous et il m’est impossible de distinguer quoi que ce soit.
Au petit jour, je verrais qu’il n’y a en fait que des collines de nature sauvage et désordonnée d’un coté, et l’infini du bleu de la mer de l’autre.
On est sur une petite île en forme de crête, et on s’en rends compte tous les jours.
Le contraste entre Tokyo et Nouméa est déjà fulgurant.
Le domicile de mes proches est situé à une heure de Nouméa, dans une ancienne ferme restaurée.
Ici, il y a pleins d’animaux qui se promènent pour certains en liberté. Au petit matin, on peut parfois entendre le gloussement des oies, le braiment des ânes ou le cri du coq qui non-content d’être l’animal qui hurle le plus fort, fait le tour de la ferme pour être sûr de bien réveiller tout le monde.
Car oui, nous ne sommes pas seuls à vivre ici. Le propriétaire a reconverti la plupart de ses locaux en habitations. Il n’est alors pas rare de rencontrer quelqu’un en allant faire sa toilette au petit matin. Et c’est plutôt agréable de partager ce coin avec d’autres français qui pour la plupart, s’installent durablement.
Mes proches vivent dans une cabane super bien aménagée et entièrement construite par leur soins, quant à moi, j’ai droit à une chambre individuelle improvisée dans l’ancien local du magasin de la ferme.
A l’inverse de Tokyo, ici, le luxe n’est pas matériel. Il est dans la vie de tous les jours !
Au petit matin, il n’est pas rare de tomber nez à nez devant ce joli couple de paon. Une bien belle façon de commencer la journée !Une petite sieste au bord d’un ruisseau bordé de végétation luxuriante, ça vous dit ?
Le lendemain, nous allons réserver quelques places de plongées et autres activités plutôt cool.
En arrivant devant le petit cabanon en bord de mer prévu à cet effet. Il n’y a personne. Il est 9h et le truc est censé être ouvert depuis une heure.
Mon proche n’est pas surpris. Ca lui parait presque normal.
Bon, on repassera…
Dès mes premiers pas dans la ville, je suis surpris par le calme qui règne.
En temps normal, je suis habitué à ce que les plus beaux endroits soient aussi les plus bondés de monde.
Là, l’environnement est littéralement paradisiaque et pourtant, aéré et paisible. On croise une ou deux personnes ici ou là. Tout le monde est en claquette et marche d’un pas tranquille à l’ombre des cocotiers.
Plus tard, j’apprendrais que le nombre d’habitant dans toute la nouvelle Calédonie s’élève à 280 000.
C’est la population d’une ville française moyenne…mais étendue sur 18 576 km² !
Ceci explique cela !
Et bien qu’à Tokyo, malgré la foule quasi-omniprésente partout je me sois senti bien et circulait avec aisance, ici je suis encore plus tranquille !
Le seul bémol est la qualité des trottoirs qui parfois laisse à désirer. Disons qu’il faut bien lever les pieds en marchant pour éviter de trébucher sur un bout de trottoir soudainement surélevé ou au contraire un creux mal placé.
Mais dans l’ensemble c’est plutôt praticable et les trottoirs sont bien souvent très large ce qui permet de circuler et de perdre l’équilibre en toute sécurité.
En dehors du coté urbain, la ville est très verte et j’ai plutôt l’impression de béton qui tente de se frayer un chemin dans la nature que l’inverse.
Bon du coup, une de mes premières activités va être de visiter les jolis coins de la ville où quasi à chaque fois, on a droit a des ciels tout bonnement magnifiques.
Jusqu’au bout du monde, on trouve des vestiges de la 2nd guerre mondiale…
A ce propos, je n’ai jamais vu autant de nuances de couleurs différentes dans un ciel qu’en nouvelle-calédonie.
L’île étant soumise à de nombreuses et soudaines variations météorologiques, il arrive fréquemment que se mêle avec délicatesse des nuages gris à l’orange feutré d’un coucher de soleil.
Durant les premiers jours – et même après – j’ai passé mon temps la tête en l’air à m’extasier.
Dans ces moments là, je ne me sens plus malvoyant. Je perçois les couleurs et leur subtils mélange. Et tout ce qui est à terre n’a plus d’importance, c’est là haut que tout se passe.
Et bien qu’en temps normal, j’ai mes troupes au sol ma canne blanche pour me permettre de marcher tête en l’air, durant mes trois semaines en nouvelle calédonie, je ne la prendrais pas.
En effet, utiliser une canne blanche dans des chemins de terre et autres décors naturels n’est tu t’en doute, pas chose pratique !
Et en ville, les rues étaient tellement calmes que je n’en ai pas vraiment ressenti le besoin.
Il faut dire aussi qu’étant rarement seul, j’étais toujours avertis des éventuelles marches et/ou dénivelés casse-gueule. Ça aide !
Bon, le lendemain, on retourne au petit cabanon pour essayer de réserver la plongée, mais cette fois, en fin de matinée.
Et bingo, il y a quelqu’un ! On réserve et c’est parti pour patauger dans les eaux claires et multicolores du plus beau récif du monde.
Mais avant, une petite surprise m’attends et pas des moindres.
Mais j’en écoute quelques uns de temps à autre. Et je dois dire que j’ai eu un vrai coup de coeur pour celui-ci.
DE LA BRIÈVETÉ DE LA VIE
SÉNÈQUE
Lu par Jean-Pierre Cassel
Le philosophe grec nous parle donc, tu l’auras deviné, de la vie qui passe vite, souvent plus vite qu’on ne le pense.
Mais il nous parle surtout de notre façon de vivre. De la manière que nous avons parfois de tout remettre à demain, de penser à son passé, à son avenir. Il nous rappel que nous mourrons un jour, peut-être à 90 ans, peut-être demain.
A ce titre, donc, pourquoi s’enquérir de l’avenir ? Pourquoi reporter ce que l’on peut faire aujourd’hui à demain ? Pourquoi vivre en mettant de coté pour nos « vieux jours » et s’empêcher de vivre aujourd’hui en pensant à plus tard. Alors qu’il n’y aura peut-être pas de plus tard.
« Habités par toutes les craintes propres à un mortel, vous avez en même temps, tous les désirs d’un immortel. »
L’auteur insiste dans ce petit ouvrage sur l’incertitude et la brièveté de la vie.
Et du coup, c’est un hymne à la vie heureuse ici et maintenant.
Nul n’importe de reporter quoi que ce soit. Vivons comme si aujourd’hui était notre dernier jour. Et alors, nous vivrons « vraiment » !
Et la vie passera moins vite car nous la chérirons à sa juste valeur.
« Nous n’avons pas un temps trop court. Mais nous en perdons beaucoup ! »
Voilà, en gros, le Pitch du philosophe stoïcien..
Mais le plus beau là dedans, bien que la philosophie soit louable et remette en question notre manière de percevoir la vie, c’est, je trouve, la lecture de Jean-Pierre Cassel.
Je le répète, je ne suis pas du tout fan du genre livre audio, en particulier car si la voix et la diction ne me plaisent pas du premier coup d’oreille, je ne parviens pas à accrocher à l’ouvrage.
C’est comme ça que de super bouquins qui ont tout pour me plaire, me paraissent fade en livre audio.
Et bien là, pour le coup, la lecture est juste excellente !
Jean-Pierre Cassel lit avec un tel engagement émotionnel, et les propos s’y prêtent tellement bien que l’on croirais que c’est lui qui a écrit le livre.
En l’écoutant lire, on est d’une part étonné par la justesse des dires de l’auteur mais en plus, convaincu car la lecture est si vraie, franche et impliquée qu’on se laisse porter par l’ensemble les yeux fermés.
Pour ma part, je dois avouer que j’ai bu ses paroles avec avidité !
En effet, ayant sérieusement perdu la vue et aujourd’hui, étant en train e perdre la possibilité de marcher, je suis très réceptif à cette manière de voir la vie. Pour moi, chaque instant compte comme jamais et j’essaye de profiter, de savourer un maximum la vie qui m’est offerte dans mes capacités actuelles sachant qu’elles devraient décliner.
Et finalement, je préfère amplement ce livre audio à la version écrite.
Comme quoi, il y a des lecteurs qui rendent vraiment hommage à certains livre, qu’on en préfère la version audio.
Mais c’est rare. Et celui-ci est pour moi une perle !
Si ça t’intéresse, je te mets le lien du livre audio ici :
Bon pour le récit de ce troisième jour à Tokyo, je vais être bref.
En effet, ce jour là, j’ai pris très peu de photos, notamment le matin.
Pourquoi ? Tout simplement car j’étais accompagné d’un japonais qui en me voyant vaguement paumé dans les souterrains Tokyoïte, s’est gentiment proposé de venir avec moi visiter le sanctuaire Meji-Jung.
Car oui, ce matin là, je suis allé à la station Shibuya – un des quartiers les plus animés de l’hyper centre – pour faire la visite d’un sanctuaire étonnant.
En effet, au milieu de cette agitation citadine, à deux pas de la station de métro, se tient un énorme sanctuaire Shintoïste. Et c’est un véritable archipel de nature luxuriante au coeur du béton et des vitrines clinquantes.
Je t’avoue que quand je suis sortis de la station et que j’ai vu la foule se déplacer dans tous les sens autour de moi, et mon GPS indiquer « arrivé dans 1 min » j’ai cru à un bug.
Bon en revanche, y étant allé un samedi, le sanctuaire était malheureusement bondé et ça explique également pourquoi je n’ai pris que très peu de photos. C’était juste impensable de prendre en photo quoi que ce soit sans qu’il y ai vingt-cinq personnes devant..
Non, ceci n’est pas une manifestation.
Mais ce fut tout de même super sympa, notamment grâce à mon nouveau « guide improvisé » avec qui nous discutions par l’application de Traduction interposé. Toutefois, c’était si fastidieux de l’utiliser à chaque fois qu’en faisant des gestes ou bien même quand il me disait quelques mots de japonais, il m’arrivai (par miracles ?) de comprendre quelque chose. Et on s’en contentait.
Le sanctuaire étant littéralement énorme, nous y sommes restés bien deux heures.
En route vers la sortie, j’ai suggéré à mon « ami » que si il voulait, il pouvais vaquer à ses occupations.
Non je ne l’ai pas envoyé chier poliment mais simplement, je ne voulais pas le retenir plus longtemps et je t’avoue que c’était très sympa de l’avoir à mes cotés mais que sur la durée, ça commençait à me géner un peu.
Je ne voulais pas que sous prétexte de mon handicap, il se sente obligé de m’accompagner.
Du coup il a répondu avec un grand sourire et nous nous sommes séparés sur une dernière révérence.
(J’adore cette manière de remercier. Je trouve qu’elle signifie vraiment une véritable reconnaissance du service rendus.)
Bon ceci étant fait, mon ventre sonne l’heure du déjeuner !
Je m’enfonce donc dans la foule des rues bondées de Shibuya, en m’arrêtant ici et là prendre en photo les devantures des restaurants et autres fast-foods. Ce qui est bien, c’est que de grandes pancartes sont affichés devant presque chacun d’entre eux, avec les images et les noms de ce qu’ils proposent. Plutôt pratique pour ne pas entrer au hasard n’importe ou.
M’enfin pour ma part, même en prenant en photo et en zoomant ces pancartes, je n’y voyais rien. Bon, comme souvent dans ces cas là, ce sera au destin !
J’aperçois un fast food et entre; Je demande ce qu’ils servent. Le serveur me réponds « Chinese food ! ». Décidément ils sont partout ces chinois.
Bon finalement je trouve un « jap » et vais manger des Tempura, ces assortiments de beignets accompagnés de légumes. (Qu’est ce que c’est bon !)
Après manger, c’est petite promenade digestive dans ce quartier immense. Je fais quelques courses souvenirs.
Après ça, je configure mon GPS, direction le plus grand passage piéton du monde. Oui je veux voir ça. Du moins, être au coeur de cette ambiance particulière m’attire.
C’est parti pour une quinzaine de minutes de marche.
D’après ce que j’ai vu sur Internet, il est souvent conseillé de se promener dans les rues de ce quartier les samedi après midi pour avoir éventuellement la chance de croiser des Lolita’s et des cosplays.
Bon étant nécessairement proche les uns des autres vu le monde, je faisait attention aux personnes que je croisais et essayait vaguement d’apercevoir une éventuelle Lolita ou autre.
Bon, j’ai cessé très vite de dévisager les autres. Déjà, à part des formes et des couleurs, il m’était impossible de distinguer quelqu’un d’habillé de manière particulière. Mais vu le temps que je mets pour réussir à distinguer quoi que ce soit chez autrui, il est déjà deux rues derrière. Ce sera pour une autre fois. Disons qu’un documentaire vu sur mon ordi fera l’affaire.
Et ça y’est j’y suis. Pour être franc, il y a tellement de monde que si le GPS ne m’avait pas indiqué que j’étais arrivé à destination, je n’aurais absolument pas remarqué un quelconque passage piéton.
Mais en effet, quand le feu passe au vert pour les voitures, tout le monde se fige aux bords du passage piéton. On dirait presque une sorte de 1.2.3 soleil japonais.
Bref, là je me dis que ça serait super d’observer ça depuis les hauteurs de la ville.
Je me renseigne. Il fallait réserver un bar huppé justement prévu plus ou moins à cet effet plusieurs jours à l’avance. Et je ne me souviens plus du prix de la consommation mais !a m’a fait changé d’avis.
Du coup je suis resté là, prenant le plus grand bain de foule de ma vie et pas. N’importe lequel. En effet, je dois dire qu’il était caractérisé par une véritable aisance dans mes déplacements, de l’air ( paradoxalement) et tous pleins de sons tantôt de voix tantôt de musiques, le tout évidement en japonais. Très dépaysant !
Et voilà mon après-midi quasiment terminé.
Mais quand même, avant de partir définitivement du japon, j’aimerais entrer dans un cat bar.
Oui ces fameux bars à chats justement importé du japon mais que l’on trouve aujourd’hui dans la plupart de nos villes françaises.
Je ne m’éterniserai pas sur cette expérience.
En effet, je t’avoue que j’ai trouvé ça plutôt bizarre et je ne respirais pas l’aisance.
Déjà, avant d’entrer tu paye (assez cher). Là dessus on te propose de prendre en supplément, parmi une liste longue comme mon bras, des accessoires pour les chats du genre, des jouets, de la nourriture, je crois même avoir vu des coussins. Le tout étant payant bien entendu.
Bon là dessus tu entre dans un petit couloir plein de petits chats tout mignons. Un distributeur est planté là, payant encore une fois, et ne proposant que des boissons au gobelet (préalablement fourni à l’accueil)
Bon pourquoi pas, je prends mon soda dans mon petit gobelet en plastique et me dirige vers le bout du couloir ou se tient un petit salon avec de gros canapés partout.
Sympa je m’installe et sirote mon coca…
Des chats se baladent un peu partout autour de moi mais se dirigent tous vers un même couple à quelque mètres qui leurs donnent des trucs à manger en poussant de petits cris.
Sur ma gauche une fille se tient assise seule sur un canapé énorme, les yeux collés à son smartphone.
Un peu plus loin, j’entends un autre couple. Je me retourne et les vois, à genoux, complètement gaga devant un chat qui mange ses croquettes.
Au moins, la vue est sympa.
Et j’ai omis de te dire que le prix était variable en fonction du temps que tu restait.
Donc j’ai pris le minimum, dix minutes au départ.
Et j’ai du sortir avec cinq minutes d’avance.
Pour ma peine, j’ai eu droit à un cadeau de la fille de l’accueil;
Un paquet de mouchoir avec pour effigie un chat. « Il s’appelle Mocha ! » me dit-elle.
Je sors de là avec la sensation d’avoir quelque peu perdu mon temps. Mais u moins je saurai à quoi ressemble un bar à chat original du japon.
Bon direction l’hôtel, je dois faire ma valise et avec tout les whiskys cadeaux que j’ai achetés, j’ai du Tétris à faire pour la soirée.
Je voudrais te parler un peu de sport, notamment en lien avec le handicap, et plus précisément avec la sclérose en plaques.
Bien conscient que ça n’intéressera qu’une minorité d’entre vous, je ne t’en voudrais pas si, nonchalamment, tu fermerais cette page. Et malgré le titre (pas) accrocheur, tu as quand même pris de ta précieuse énergie pour cliquer sur ce lien ! Donc au contraire, j’admire ta bravoure.
Bon cela étant dit, allons au coeur du sujet : le sport !
Un mot qui je sais, pour certains, doit sonner de la même manière que : la mort ! Oui je sais. C’est pas du tout évident de s’y mettre, et/ou remettre, encore et encore quand on est pas très attiré naturellement par ce « loisirs ».
Pourtant, on sait tous les bienfaits que ça apporte au corps, à l’esprit, à la santé etc etc…`C’est écrit partout, même la publicité censée nous faire consommer de la m**** nous dit, tout bas, à la fin, « Pour votre santé, bougez plus ». Bon je passerais sur la légendaire hypocrisie de la publicité, ce n’est pas le sujet.
Alors oui, c’est encore plus frustrant de savoir que c’est excellent pour notre santé, quand nous restons sur le canapé et avons du mal à nous mouvoir jusqu’à la cuisine. Et ici je parle sérieusement de personnes qui – entre autres – à cause de la sclérose en plaques ont les muscles raidis, contractés et ne peuvent que difficilement se déplacer.
Alors dans ce cas, comment suivre les précieux conseils de la télé ? Comment faire de l’exercice ? Comment « manger-bouger » quand juste faire la cuisine est un épuisement de toutes parts ?
Bon je dois te dire la vérité. Tu t’en doutes, je ne suis personne pour prodiguer de quelconques conseils de santé, encore moins vis à vis de personnes en difficultés.
Ici, je vais ne te parler que de mon témoignage, de ma façon de faire du sport malgré mes handicaps.
Oui car même si je suis malvoyant à plus de 80% et que ma jambe droite trainasse derrière mon corps lourds dès que je me meut plus de 10 minutes, j’ai moi aussi, envie d’être beau comme Ulysse et entretenir mon corps malade.
La maladie faisant coucou à peu près tous les deux ans pour me rappeler que je ne suis pas immortelle en me supprimant telle ou telle fonction du corps, j’ai eu quelques fois à changer de programme.
Quand j’ai appris la maladie, j’ai d’abord couru. Et j’ai couru assez longtemps, assez vite, me faisant prendre tellement gout à cet exercice que j’avais l’impression d’en être un peu accro.
Petit à petit, rentrant gaiement dans les valises des piétons, butant sur un trottoir, traînant la patte sur la fin, j’ai compris que ça n’allait pas durer.
J’ai continué à en profiter un peu puis, c’est devenu trop dangereux à mon gout. Courir dans un flou qui s’épaississait au fil de l’effort, accompagné de ma jambe droite faiblarde, bon, j’ai dis stop.
Je me suis alors lancé dans le sport en salle de sport. Là, c’était bien.
Je pouvais faire de la musculation, le cul posé sur un banc pendant une heure. Peu de risques donc mais pas très épanouissant (je trouve). En effet, lever un poids quinze fois de suite, les yeux fixés u plafond ne m’a pas émoustillé bien longtemps.
Du coup, je perdais ma motivation, mon temps, et surtout mon argent qui tous les mois, filait irrémédiablement à la salle de sport comme un voleur.
Bon et aujourd’hui, qu’est ce que je fais ?
Et bien, moi qui détestais la piscine, ses bonnets de bain en forme de préservatifs et ses moules-bites qui te font ressembler à un mec des films Camping, j’ai tenté l’aventure aquatique.
J’ai donc commencé sagement avec le club de handi-sport de ma région. Et grand bien m’a pris puisque je ne savais nager autre chose que la « brasse de grand-mère » comme disait mon entraineuse. Effectivement, tout était à faire et les débuts n’ont pas été tout rose.
Mais un an après, je savais nager le crawl, le dos et la brasse coulée. Et j’adorais ça.
Non pas que le sport en lui-même me passionnait, c’est un sport assez banal finalement, sans enjeux particuliers. Non, ce que j’ai adoré, c’est l’inertie de mon corps dans l’eau. C’est la soudaine légèreté éprouvé, quand tout à coup, arrivant en boitant , je me met à glisser sur l’eau comme une brindille au gré du vent. Et c’est littéralement jouissif.
Parfois, je t’avoue me surprendre en train de nager, fermant les yeux, profitant juste des sensations de bien-être, de légèreté, de sécurité que m’apporte l’eau. J’irais presque jusqu’à dire que j’ai parfois l’impression de voler mais non, je ne te donnerais pas l’adresse de mon dealeur.
Du coup, nager est devenu une drogue de la même façon que courir l’a été à une époque de ma vie
Bon cette nuit, j’ai encore mal dormi. Les 6 heures de décalages horaires ont du mal à se digérer ! Mais c’est pas grave puisque ce n’est pas le moment de flâner sous la couette. Une grande journée m’attends et j’ai déjà pleins d’idées de choses à faire !
Tout d’abord, je voudrais commencer ma journée à la japonaise. Du coup je me suis renseigné (auprès de Google) pour savoir où je pouvais déguster un petit déjeuner traditionnel japonais qui parait-il est un des plus complet et sain du monde. Je tombe alors sur un blog dont l’auteur parle d’un restaurant aux petits déjeuners exquis en plein dans Asakusa. Manque de bol, il ouvre à 09h30 et mon téléphone indique désespérément 07 heures du matin.
Il va falloir patienter un peu… Bon, c’est pas grave puisque je suis déjà dans le quartier d’Asakusa et à deux pas, trône le temple Senso-Ji. C’est le plus vieux temple bouddhiste de Tokyo et je ne fais que le croiser dans les recommandations des endroits à visiter. Allons donc voir ça !
En passant, les rues étant quasi-désertes, j’en profite pour prendre en photo les gigantesques bandes podo-tactiles de Tokyo. Celles-ci permettent de guider les non voyants à travers la ville ! Et là, on ne peut pas les rater !La première porte du temple annonce la couleur !
En m’approchant de cette gigantesque porte rouge, je suis quasiment seul ! Il est tôt, les magasins sont fermés et les touristes et autres visiteurs dorment encore à poings fermés. Toutefois, un unique touriste américain se tient là, prenant aussi des photos et on se met à discuter un peu. Là, nous nous prenons mutuellement en photo devant la porte. Finalement, on continuera la visite ensemble !
Cette longue allée qui mène droit au temple est censé être bondée de monde et de magasins souvenirs…sauf à 8h du matin !
L’américain ( j’ai oublié son prénom, appelons le…Mike ! ) me briefera un peu sur les gestes à adopter avant d’entrer, le lavage des mains et le rinçage de bouche. Heureusement car sans lui, je crois que je n’aurais pas aperçu cette petite cabane où une fontaine était prévue à cet effet.
Deuxième porte du temple…toujours plus grande et esthétique !
Après une séance photo devant la dernière et immense porte du temple, nous grimpons les marches de l’entrée. Il semble que nous soyons les seuls touristes tombés du lit. Ravi, nous entrons.
Là, un grand autel bouddhiste se tient au centre. Devant, quelques japonais prient dans le calme.. Certains arrivent en tenue de bureau, prient quelques secondes, jettent une pièce (comme la tradition le suggère) et s’en repartent au boulot. D’autres habillés plus traditionnellement prennent plus de temps, et font plusieurs révérences avant de s’en aller.
Cette croix ne te dit rien ? Pas de panique, c’est en fait le Svastika, symbole bouddhiste qui a été récupéré et inversé par le troisième reich nazi.
Dans tous les cas, l’atmosphère qui règne invite au silence et au recueillement. Après quelques photos prisent rapidement (en essayant de ne pas gêner) nous nous positionnons devant l’autel. Nous faisons aussi notre prière. N’étant pas spécialement bouddhiste, je pris en sachant que le simple fait de se recueillir un instant, en espérant quelque chose de positif, ne peut être que salvateur.
La visite faites, nous nous séparons, content d’avoir pu partager ce moment.
Je continuerai alors mon chemin dans les environs du temple qui sont très jolis, pleins de petits jardins japonais et de statuettes de certaines divinités bouddhiste. Le domaine est très calme. C’est reposant et très agréable à parcourir.
Une statuette de ces nombreuses divinités Boudhistes qui ornent le domaine du temple Senso-ji.
Chemin faisant, je passe devant une statuette devant laquelle un homme, statique, se tient debout. Il a les mains jointes sous son menton et prie à voix haute. Je ne comprends pas du tout ce qu’il prie, mais ce qui est sûre, c’est que ça le touche très intensément. Je continue mon chemin, calmement.
Après cette ballade au coeur de la spiritualité locale, mon ventre crie famine (oui sérieusement). Il est alors temps pour moi de me diriger vers le restaurant japonais ! Je configure mon itinéraire Google Map et c’est parti !
Arrivé à bon port, le restaurant est vide. Je suis seul et discute un peu avec la serveuse qui parle très bien anglais. Celle-ci me décrit gentiment ce qu’ils ont à servir. Je ne reconnais pas du tout de quelconque petit déjeuner japonais là dedans. Je lui demande alors si ils en servent. Elle fait non de la tête, un peu décontenancée et me propose comme alternative un yakitori poulet.
Bon, le ventre vide et larmoyant, j’accepte sa proposition.
Ok j’avoue, c’était pas mal…pour un repas de midi à 09h30 !
Bon, le petit déjeuner traditionnel sera pour une autre fois ! Après manger, et pendant que je suis dans le coin, je vais faire quelques courses souvenirs dans les rues commerçantes de la ville. Là, j’apprends qu’un quartier entier est consacré uniquement aux ustensiles de cuisine. Etonnant. Je me dirige alors vers cet endroit avec la ferme intention de ramener quelques jolies souvenirs.
Arrivé dans la rue du quartier Kappabashi, je me promène, essayant de voir un peu ce que les vitrines proposent. Bon tout ce que j’aperçois, c’est une infinité de trucs de cuisines, souvent empilés les uns sur les autres mais rien de bien précis à hauteur de ma vue. Il va falloir choisir un magasin et il y en a un tous les deux mètres.
Bon j’en choisit un qui me semble pas trop en bordel. J’entre et effectivement, c’est plus aéré que les autres, les ustensiles de cuisines ne se chevauchent pas et je peux un peu mieux distinguer ce qui m’intéresse.
Parmi l’immensité de la boutique se tenant sur deux étages, il y a un rayon entier de tasses, de couleurs, de taille et de formes aussi diverses que variés. Il y en vraiment pour tous les gouts et sans te mentir, je passerais une bonne vingtaine de minutes à les ausculter de près une par une avant de trouver la bonne. En passant, je traverserai un étage entier consacré à des ustensiles de cuisines uniquement faits en bois. Original !
Bon ne m’y connaissant pas spécialement en cuisine, je repartirais avec quelques jolis ustensiles mais surtout, avec un Bento ! Et oui, on ne peut aller au japon sans revenir avec un Bento, ces petits tupperwares japonais à plusieurs compartiments qui s’emboitent, les uns sur les autres. Très typique, esthétique, et surtout, pratique pour manger à l’extérieur en ayant tout ce qu’il faut !
Les rues de Tokyo ne sont certes, pas très vertes, mais elles sont parsemées de jardinières et de plantes en tout genre. Ça compense !
Je dépose donc le butin à l’hôtel et j’en profite pour casser rapidement la croute.
Cette après-midi, j’ai rendez vous à 17 heures pour une excursion « Street-food » et il est déjà 14 heures. En zoomant sur la fiche de réservation, je vois que le point de rendez vous se trouve à la station de métro Yurakucho, devant l’endroit où on achète les billets.
Je configure mon itinéraire avec l’application Métro Tokyo (qui est super bien faites et accessible) et je vois qu’il va me falloir faire pas moins de trois changements !
Bon, hier, j’avais un peu appréhendé la chose et en avait discuté avec mon guide. Il m’avais alors écrit un itinéraire sur papier qui lui, était plus long mais ne comprenait qu’un seul changement et pas des moindres. En effet, il fallait prendre un ascenseur, plusieurs escalators et couloirs interminables pour enfin arriver à l’autre ligne de métro. Il y en avait pour une bonne quinzaine de minutes de pérégrinations souterraines.
Du coup, je préfère quand même son itinéraire et part gaiement, papier au fond du sac, ne sachant pas trop comment j’allais me dépatouiller avec ça.
Arrivé à la station où je dois descendre, c’est le moment de changer de métro. Bon, vu la longueur du changement, je n’ai pas trop envie de demander à un japonais mon chemin, sachant que gentils comme ils sont, la personne est capable de m’accompagner et je lui ferais perdre un temps fou.
Je prends alors en photo l’itinéraire que m’a écrit mon guide. Entre le froissement du papier et le flou naturel de ma vue, ça m’est juste incompréhensible.
Bon, changement de plan…Je vais alors essayer la fameuse application Be my eyes. Celle-ci permet, par un simple appel lancé à la communauté de l’application, de montrer à travers la caméra du téléphone ce que l’on veut voir à un volontaire anonyme. On peut alors lui demander de nous décrire ce qu’il voit.
Pour la première fois, je lance n appel ! Pensant que la recherche de volontaires est localisée, je crains de tomber sur un japonais parlant japonais. Ouf ! Un gars réponds en anglais,et je lui montre alors mon papier froissé. Il me demande de lui montrer les environs. « C’est par là » m’indique t-il en anglais. Et c’est parti pour une bonne dizaine de minutes à déambuler, « caméra à l’épaule », dans les couloirs du métro,
Nous discutons alors en même temps qu’il me guide et il comprends rapidement qu’en fait, je suis français. Ça tombe bien, lui aussi ! La recherche de volontaires semble donc ne pas être localisée mais doit dépendre de la langue choisit lors de l’inscription.
Au bout de quelques minutes, j’arrive dans une sorte d’énorme hub piéton où des centaines de milliers de gens se croisent dans tous les sens. Là, mon guide virtuel, tout à coup, semble ne plus m’entendre. Ça sent le roussi ! J’ai alors envie de tout sauf que la connexion me lâche ici au milieu de je ne sais où ! Après une bonne minute à lui émettre désespérément des sons, avançant un peu au hasard, il réponds » Je t’entends ! ». Haléouya !
Il me guidera encore quelques temps, voyant très rapidement où je dois aller, jusqu’au quai de ma ligne de métro. Là, nous nous quittons et je le remercie chaleureusement !
J’attends alors calmement le métro, ému qu’une telle application existe et qu’elle m’ai aussi bien rendu service. Je remercie secrètement les inventeurs de la technologie, de cette application, d’être né à cette époque de l’histoire, mais aussi et surtout la gentillesse des hommes qui ont un jour eu l’idée de télécharger cette application pour rendre service, sans aucune contrepartie. Je crois que là, on ne peut plus dire que l’homme est égoïste par nature !
Bon, arrivé à destination, je comprends vite que je ne suis plus dans le quartier traditionnel d’Asakusa. Ici, il y a foule à chaque coins de rues, les rues sont bordées de grands magasins de luxe aux vitrines étincellantes. Les routes sont énormes et il m’arrivera souvent d’entendre le son strident de clinquantes voitures de sport accélérant plein pot au sortir des feux rouges.
Finalement, étant arrivé tard, l’après midi est passé très vite et il est déjà pas loin de 17h. Je retourne au point de rendez vous un peu en avance pour parer à toute éventualité de paumage dans la ville. Eventualité qui s’est confirmé. Heureusement, malgré la foule immense qui déambulait autour de moi dans les rues, la première personne à qui j’ai demandé mon chemin m’a accompagnée très gentiement non loin de la station.
Arrivé au point de rendez vous, certains attendent déjà la guide et nous commençons à discuter à bâtons rompus. Très vite, les autres nous rejoignent et on se retrouve à une bonne dizaine de personnes. Heureusement, il y avait plusieurs excursions de prévu et ils nous ont divisé en petits groupes.
Et c’est parti, nous déambulons dans les gigantesques rues de l’hyper-centre, en s’arrêtant à quelques endroits, tantôt boire une bonne bière locale, tantôt manger quelques brochettes et ailes de poulets frits. La ville, alors de nuit, se pare de jolies couleurs étincelantes. La guide en profite pour nous faire un peu visiter le quartier.
La perspective des routes illuminées est vraiment jolie !
Les rues, là, pour le coup, sont vraiment bondées ! De mémoire de bigleux, je n’ai jamais vu autant de monde en un seul et même endroit ! Je me promène donc avec le groupe qui, bienveillant, veille à ne pas me paumer. Là je constate que malgré la nuit tombante et ces bains de foules à longueur de rues, je ne me fais ni bousculer, ni même effeuré. Je marche devant moi, canne blanche à la main dirigé droit devant et il semble que tout le monde y fasse attention. Pourtant je n’ai aucunement l’impression d’être le centre de l’attention mais simplement d’évoluer dans un espace où les gens se respectent, les uns, les autres. C’est vraiment agréable et je peux facilement échanger avec le groupe tout en marchant.
Pas de doutes, on est bien dans le quartier riche de Tokyo !
Puis, nous entrons dans un énorme bâtiment bondé de grands magasins de luxe en tout genre. Nous nous arrêtons alors, ici et là pour admirer la luxurieuse beauté des (prix) articles.
Entre 200 et 500 euros le verre. Plutôt abordable !
Nous continuons notre chemin au milieu de ces grands espaces de ventes éblouissants de lumières blanches écarlates. Peu à peu, nous nous approchons d’un endroit qui semble dénoter du reste.
En effet, en passant la porte de cet endroit, on entre dans un bar étrangement calme et reposant. Quelques douces notes de piano se font entendre, la lumière est basse et chaleureuse, mais surtout, tout autour se tient d’énormes vitraux s’élevant à plusieurs mètres donnant sur les hauteurs de la ville.
Une oasis de calme au milieu de l’hyper-agitation de Tokyo. Saisissant !La ville, ses panneaux publicitaires gigantesques et ses multiples lumières, y’a pas à dire, c’est magnifique !Tokyo compte aussi, dans son palmarès, les plus grands passages piétons du monde. Impressionant.
Après ce moment presque poétique, nous repartons sur les énormes trottoirs Tokyoites à destination d’un dernier restaurant, qui selon la guide, nous réserve une surprise.
En approchant de ce dernier, on peut entendre un énorme brouhaha. Nous ne serons pas seuls ! On entre alors dans une pièce rempli à craquer de monde qui parlent et rient très fort. Toutes les tables sont munies d’une plaque chauffante au centre, style plancha.
On va mettre la main à la patte !
Là, la guide nous explique que nous allons faire et gouter à des Okonomiyaki, une sorte de crêpe japonaise.
Quand tout à coup…!
Voilà donc notre surprise ! Il s’agit en fait du patron du restaurant qui régulièrement, fait l’animation. Les gens rigolent et ça participe à la convivialité du lieux. Plutôt sympa !
Bon au début, c’est assez spécial.A la fin, c’est toujours spécial…mais c’est super bon !
Après ce bon resto, nous repartons gaiement vers le métro. Nous accompagnons chacun à la station de métro ou au taxi qui les attends. C’était vraiment sympa, le groupe et la guide étaient super, on a bien rigolé et mangé et je ne regrette pas du tout d’avoir réservé cette excursion !
Le retour en métro fut assez simple. Il y a moins de stations à traverser et aucun changement. Je vais juste devoir marcher un peu car la station où je descends est un peu loin de mon hôtel. Là encore, Google map fut mon meilleur ami.
De retour dans ma chambre d’hôtel, je déguste quelques bonbons tout mous étranges achetés pendant l’excursions…pas fameux ! Je réfléchis alors à ce que je ferais demain. J’ai déjà une petite idée.
La fatigue commence à se faire sentir et je vais au lit, le coeur et la tête emplies de bons souvenirs. Cette nuit, je dormirais à poings fermés !
Bon après le Mont St-Clair de Sète, je me suis dis que ça serait pas mal de se confronter à une (vraie) randonnée en montagne. Ca tombe bien puisque dans l’Hérault, à 40 minutes de Montpellier trône une jolie montagne pointue, qui porte bien son nom, le Pic Saint Loup ! Celui-ci atteint pas moins de 658 mètres d’altitude !
Pour l’occasion, j’ai fait l’acquisition de deux magnifiques bâtons de randonnée ! De plus, cette fois je ne suis pas seul, j’ai avec moi une chère amie qui adore aussi les balades dans la nature. A deux, on est plus forts !
Après une bonne heure de route, on y est ! Je dégaine mes deux bâtons et c’est parti !
Tout de suite, le chemin est extrêmement caillouteux et ne voyant pas o je met les pieds, c’est souvent la (mauvaise) surprise. Là, je me rends compte que grâce aux bâtons de randonnées sur lesquels je m’agrippe fermement, je reste debout. Bon ça commence plutôt pas mal.
Surtout, bien se cramponner aux bâtons !
Ca monte donc gentiment mais durement. Heureusement ça ne dure pas trop et on arrive vite vers des sentiers un peu moins casse gueule ! On continu toujours de monter mais le chemin s’aplanit et les cailloux sont moins présent. Plutôt bon signe !
Dès le début, la vue est plutôt jolie.
Après une petite heure de marche, le chemin se met à redescendre. Pourtant, on est très loin d’être au sommet qui se tient bien aux dessus de nos têtes ! On comprends qu’il doit y avoir un autre chemin. Là, mon amie aperçoit une petite balise jaune indiquant les énormes rochers se trouvant sur notre droite. Et moi qui croyais que nous suivrons un chemin bien tracé, on se retrouve vite à grimper d’énormes rochers et à se faufiler entre de petits arbres trapus dont les branches, piquantes, nous agripent les vêtements.
Et c’est parti !D’ici, on peut déjà apercevoir la tour du pic saint loup. Parfois, il faut faire un peu d’escalade…!Souvent, en fait.
On continu donc de crapahuter au milieu de ces roches parsemés ici et là de trous, parfois de crevasses, que mon amie prends bien soin de me faire éviter.
Des petits trous, des petits trous…En se retournant, mieux vaut ne pas avoir le vertige !On y est presque !Et on garde la pêche !
Après une petite heure et pleins de rochers et de petits murets d’escalade, on y est ! On regarde autour de nous et là c’est prodigieux ! L’horizon s’étend littéralement à perte de vue !
On se croirait sur le toit du monde tant tout parait minuscule à l’horizon !
Bon, maintenant, il faut redescendre tout ça. Je t’avoue que là, je me demande sérieusement si on ne va pas rester coincés là haut comme un chat dans un arbre.
« T’es vraiment sûr que c’est par là qu’on redescends ? »
Finalement, je suis mon amie qui me fait passer par les chemins les moins compliqués et en m’aidant des bâtons de randonnées, je sais à peu près à quelle hauteur poser mes pieds. L’avantage aussi est que si je trébuche, ou je rate une marche (un rocher bien pointu par exemple), je peux me rééquilibrer sur les bâtons. Vraiment pratique !
Une heure après, nous voilà presque en bas. De nouveau, il faut se refaire ce petit chemin pleins de gros cailloux qui à l’aller, ont failli me faire tomber à plusieurs reprises. Bon cette fois, c’est encore plus galère. En plus d’avancer de manière aléatoire, un pas fébrile après l’autre, les cailloux se payent le luxe de rouler sous nos chaussures ce qui parfois, je l’avoue, m’a fait chuter.
Bon, ce n’est pas grave, tout arrive à point à qui sait accepter ses défaillances, et nous voilà parti pour discuter, le cul par terre, de tout. et de rien. Une pause plutôt sympa qui en plus de régénérer ma capacité de marche, m’a aussi refilé la pêche pour arriver au bout de cette périlleuse descente.
Et nous revoilà, au point de départ, sur le parking goudronné. Là, je prends conscience de ce que nous avons fait. Et j’y crois à peine !
Cette petite expédition m’aura fait prendre conscience qu’encore beaucoup de choses étaient possibles. Et que tant que l’envie est là, je peux encore aller loin et accomplir des choses que je t’avoue ne même pas avoir eu l’envie de tenter lorsque je n’avais aucun handicap.
Je voudrais te partager mon expérience avec la montre Bradley de la société de design Eone.
Pour la petite histoire…
Le fondateur de la montre, Hyungsoo Kim était un étudiant de la prestigieuse université Massachusetts Institute of Technology. Un de ses amis qui était aveugle lui a fait part de ses difficultés à apprécier l’heure. Guidé par la conviction que tout le monde a le droit à la connaissance du temps, il a décidé de collaborer avec des designers et des déficients visuels afin de créer une montre que tout le monde, voyant et non voyant puisse utiliser et apprécier.
Cette dernière porte le nom de l’ancien officier de marine Bradley Snyder, aujourd’hui ambassadeur de la marque, qui en 2011, est devenu aveugle en désamorçant des bombes en Afghanistan.
Bradley Snyder et son chien-guide !
Malgré ce terrible accident et la soudaineté de son handicap visuel, il participa, un an après, aux jeux paralympiques de Londres en 2012, et de Rio en 2016 en tant que nageur non-voyant. Il remporta plusieurs médailles d’or et d’argent. Il est aujourd’hui le détenteur du record mondial au 100 mètres nage-libre dans la catégorie non-voyant.
Bradley Snyder, par sa spectaculaire reconversion illustre à merveille le concept popularisé par le célèbre Psychiatre Boris Cyrulnik.
Le malheur n’est jamais pur, pas plus que le bonheur. Un mot permet d’organiser une autre manière de comprendre le mystère de ceux qui s’en sont sortis : la résilience, qui désigne la capacité à réussir, à vivre, à se développer en dépit d’adversité.
(Boris Cyrulnik)
Bradley Snyder aux Jeux Paralympiques de Londres en 2012/
Bon et la montre dans tout ça ?
Ah oui ! Voilà comment la montre fonctionne :
Tu as des petites lignes en relief qui indiquent le cadran normal d’une montre. Les lignes 12, 3, 6 et 9 sont légèrement plus grosses que les autres.
Et tu as deux billes qui par un système d’aimants, se baladent sur le cadran en fonction de l’heure qu’il est. Le cadran de face, celui que l’on voit, a une bille qui indique les minutes. Et si tu touche le rebord du cadran, tu te rends compte qu’il y a une deuxième bille indiquant les heures !
Il te suffit donc simplement d’éffleurer rapidement la montre pour savoir quelle heure il est. Parfois il est possible de faire bouger les billes par inadvertance. Dans ce cas, pas de panique, il suffit de secouer un peu le poignet et les billes reprennent leurs places !
C’est super efficace en plus d’être plutôt joli ! Cette montre est certes accessible aux non-voyants mais pas que ! Toute personne voyante peut également l’apprécier. A la différence des nombreuses montres pour aveugles ( en braille ou vocalisés) celle-ci, par son système très original, est plutôt classe et ne renvoie pas une image de handicap. Au contraire, votre entourage sera probablement très curieux de comprendre le système et vous pourrez impressionner vos convives en soirée !
Seul bémol : son prix. C’est une montre qui, selon le modèle que tu choisis va te coûter entre 200 et 300 euros. Toutefois, la qualité est au rendez-vous ! Et elle reste bien moins cher qu’une montre connectée ! En plus, elle ne vibrera pas à la moindre notification de ton smartphone et est très légère au poignet. Plutôt cool non ? 🙂
Si cet article t’a plu, n’hésite pas à mettre un petite j’aime ou un commentaire ! Ca a l’air con comme ça mais ça me permet d’avoir un retour de ta part et d’améliorer mes futurs articles !
Dans l’avion Paris-Tokyo, il gèle, des couvertures nous sont fournis mais je grelotte au moindre bout de ma peau qui dépasse. Climatisation à fond, je regarde la rangée de droite. Ils sont en short – claquettes… bon, ça doit être psychologique me dis-je.
Le lendemain matin, je me réveille la gorge irritée comme jamais ! C’était pas psychologique ! Je repense à mes voisines japonaises dans l’avion, les voies respiratoires clouées par un masque chirurgical. Là, je trouve ça moins con !
Bon, la journée va être longue, mais la visite de la ville va compenser ! Pour mon premier voyage seul à Tokyo, qui plus est avec mon handicap, je n’étais pas très sûr de moi. J’ai donc réservé un guide. Il m’attends à la réception.
C’est un homme d’une soixantaine d’années qui ne les fais pas du tout ! Il semble assez sportif, dynamique et est très gentil. Vis à vis de mon handicap il est bienveillant sans en faire trop et reste très discret sur le sujet. Je suis tout de suite à l’aise. Il commence par me demander ce que je veux faire.
J’ai entendu parler d’un buddah géant qui trônerais près d’un temple du coté de Kamakura, station balnéaire au sud de Tokyo. C’est l’une des premières choses que je veux voir.
Mais avant, Il me propose d’aller faire un tour du coté de Ueno, un quartier de Tokyo dans lequel un joli espace de nature est à découvrir. De la natures à Tokyo dites vous ? Allons voir ça tout de suite !
Bon, il n’y a pas à tortiller, c’est bel est bien un espace magnifique. Cet incroyable étang nourrit une armada de Lotus qui donnent de jolies fleurs roses.
Le mariage de la nature et du béton crée une atmosphère particulière !
Mais plus encore, la vue de cette oasis de nature au milieu des tours géantes de la ville est saisissante ! Il règne d’ailleurs un silence à couper le souffle. Quand on sait où on est, en plein coeur de la ville, on y crois pas ! C’’est reposant et je reste là, quelques minutes, à observer ce contraste qui quoi qu’on en dise, rends l’endroit étrangement charmant.
Plus tard, j’observerais énormément de disparités entre des choses qui n’ont aucun point commun et qui pourtant se marient très bien, rendant ce pays vraiment unique en son genre !
Après ce souffle d’oxygène, retour aux métros et autres trains de village direction Kamakura !
Sur le chemin, je remarque au niveau des passages piétons que lorsque le feu passe au rouge, un gazouillis d’oiseau se fait entendre, donnant le signal aux piétons pour traverser. Plutôt pratique !
Les panneaux des métros et trains sont tous traduits en anglais !
Le chemin en train prends presque une heure. Au fil du voyage, j’observe de ma petite vue floue que beaucoup de locaux s’installent à une place et dorment, bouche ouverte, leurs affaires posés nonchalamment à cotés d’eux. Ça crée une atmosphère paisible et je me rends compte que je suis le seul, à observer autour de moi. Ils sont chacun, tantôt en train e dormir, tantôt le nez fourré dans un bouquin ou leur smartphone. Ils se foutent vraiment la paix et je t’avoue que c’est tellement apaisant que moi aussi, je commence à somnoler.
Heureusement, le guide avec qui je suis me raconte un peu l’histoire du Japon. Il m’explique entre autres que le Japon est réputé comme étant le pays le plus sûr du monde et que c’est pour ça que les japonais n’ont absolument pas peur pour leurs affaires. J’apprends que je peux laisser mon smartphone, là, sur la banquette et m’endormir, et que personne n’y touchera. Que si quelqu’un le trouve, il fera tout pour me retrouver et me le rendre.
J’ai alors envie d’essayer, mais vu l’importance qu’a ce petit objet de technologie dans ma vie de malvoyant, je me rebiffe !
Au cours du trajet, je remarque que chaque station de métro ou de train a sa musique particulière. Celle-ci, durant quelques secondes, est joué dès qu’un métro s’arrête sur le quai, signifiant aux passagers, sans même avoir à regarder, de quel station il s’agit. Plutôt cool quand on bigle !
Une petite heure de discussion passionnante plus tard, on arrive à la gare ! Quand on passe de la capitale japonaise à Kamakura, tout parait minuscule.
En effet, ce sont de petites routes bordées de trottoirs étroits et casse-gueule. Les infrastructures ne font pas plus d’un étage et la ville est calme. (Du moins pour ce qui est du matin). Les murs sont souvent très colorés, passant de jaune poussin à des bleus turquoise et plus foncés. Les entrées des restaurants, magasins et autres habitations sont très petites. Pour te dire, il faut se baisser pour passer les portes. La ville est finalement assez typique de ce qu’on peut s’imaginer d’une petite ville japonaise.
Par contre niveau accessibilité on repassera ! Les infrastructures, bas de plafonds sont en plus pleines de petites marches. Sans parler des trottoirs qui sont minuscules et abimés à plein d’endroits ! L’embout roulant de ma canne blanche se coinçait et a failli y passer plus d’une fois !
Quinze minutes de marche depuis la gare de Kamakura et nous y voilà ! A l’accueil du temple, mon guide explique en japonais à l’agent chargé d’encaisser les entrées que je suis handicapé. Je ne comprends pas et m’apprête à payer quand d’un grand sourire, la dame m’invite à entrer. Agréablement surpris, j’entre et profite de cet endroit magique gratuitement. Au cours de mon séjour, je ne débourserais pas un centime pour entrer dans les lieux de visites de la ville ! Le handicap parfois, c’est plutôt sympa.
En grimpant les marches d’entrées du temple, une énorme masse noire se dessine petit à petit devant moi. « Ah ouais quand même, ils ont pas fait semblant ! » me dis-je. Plus je m’approche de ce mastodonte méditant et plus les détails de son imposante stature prennent forme. Il est en fait fait de bronze.
Surtout, ne pas le réveiller !
Dans une petite pièce du temple, les marques de ses claquettes sur le sol sont exposés. Elles font le double de ma taille. Pas intérêt de l’enmerder ! J’apprends qu’il fait (que…) 13 mètres de hauteur et que le plus grand du monde se trouve aussi au Japon, mais dans la ville d’Ushiku et ne fait pas moi de 120 mètres de haut. Pour te donner une idée, c’est à peu près la moitié de la tour eiffeil…Bon là, c’est clair, la spiritualité et le japon sont une seule et même chose !
A midi, on va manger dans un petit restaurant typique. Le guide commande pour moi un repas très traditionnel.
Les repas japonais sont souvent faits d’un assemblage de plusieurs petits plats. Un vrai bonheur pour les papilles !
Cette après-midi, on ira visiter quelques temples boudhistes traditionnels pour mieux comprendre la place de cette spiritualité dans la culture japonaises. Et j’enchainerais sur la visite d’une pharmacie car je suis tout simplement en train d’être aphone. Cela a été très riche en informations et je ne pourrais pas t’en faire un résumé ici. Toutefois, voici quelques photos et leurs explications :
Un petit temple bouddhiste du centre-ville et un de ces fameux parapluies japonais transparents.En matière de spiritualité, le gigantisme architecturale est à l’honneur ! Cette porte n’est qu’une des nombreuses portes du domaine où se trouve les temples. En la traversant, nous sommes censés nous purger de nos mauvaises pensées et mettre de coté notre égo.Le domaine est si paisible et si joli qu’on en oublie la pluie ! Et on enlève ses chaussures à l’entrée ! ! Les temples boudhistes sont souvent décorés jusqu’au plafond et rien n’est laissé au hasard ! Ici ces dragons permettent de protéger le temple des nombreux intempéries qui sévissent.Un petit jardin en plein coeur d’un des nombreux temples du domaine. Au japon, la végétation est hyper controlé ! Ce n’est pas très perma-culture tout ça, mais qu’est ce que c’est beau !Ce soir je mange des Soba, ces pates froides de sarrasin que l’on trempe dans une petite soupe. Typique du Japon, et super bon ! La restauratrice, une petite dame au sourire gravé jusqu’aux oreilles ( littéralement comme dans les mangas ) était d’une gentillesse et d’une joie de vivre incroyable ! Et oui, je t’avoue que ça aussi, ce fut dépaysant !Après-manger, c’est petite promenade et immersion dans les rues écarlates de Tokyo.
Ce soir, je suis claqué ! La précédente nuit très courte à cause du décalage horaires commence à se faire sentir ! La journée fut intense, épuisante mais passionnante. Un médicament pour la gorge et quelques rues plus tard, je vais me coucher ! Dans l’état où je suis, la nuit ne peut qu’être réparatrice !
Demain, ma première journée seul m’attends et j’ai très hâte de vivre Tokyo en autonomie !
Je voudrais te parler d’un petit challenge que je me suis lancé hier.
Comme tu le sais (ou pas), ma situation est telle que je dois souvent me déplacer avec une canne blanche d’aveugle (je suis à moins d’ 1/20 ème aux deux yeux). Ma jambe droite commence aussi à me lâcher (je ne peux marcher plus de 15 minutes sans boiter, perdre l’équilibre etc).
Perdu pour perdu, autant faire ce que je peux faire aujourd’hui avant qu’il ne soit trop tard.
J’ai donc décider de monter tout en haut de la ville de Sète, au belvédère du Mont St Clair et contempler la ville depuis ce perchoir de 183 mètre d’altitude.
Au départ, j’ai commencer depuis la gare de Sète sans canne comme d’habitude. Au bout de dix minutes de marche tranquille, ça s’est mis à monter assez promptement et là, j’ai tenu à peu près 100 mètres puis je me suis dis que si je voulais aller au bout de cette expédition sans faire de pauses toutes les cinq minutes, j’allais devoir sortir ma canne de marche.
C’était la première fois que je l’utilisais. Très vite je me suis rendu compte qu’elle m’aidait quand même carrément à avancer. Une demi heure et plusieurs montées atroces plus tard, je marchais encore. C’est mon bras droit et ma canne qui remplaçait l’appui de ma jambe qui était toute engourdie, certes, mais j’avançais ! Et !a faisait une paye que j’avais pas marcher aussi longtemps sans m’arrêter.
Là je dois dire que malgré la chaleur, le plein soleil sur ma peau, les douleurs musculaires, j’étais heureux.
Le chemin n’a pas été de tout repos non plus. Google map m’a amené dans le jardin d’une propriété privé, me signifiant que le belvédère du mont st clair était là, au pieds de cet arbre, dans ce jardin. Je suis certes sacrément bigleux, mais quand même, quand j’ai apperçu une maison à 10 mètres de moi avec une voiture garé devant, j’ai trouvé ça louche.
Bon du coup, je vire Google Map, demi tour et cette fois, j’ai juste suivis la route qui montait encore et encore. J’ai pensé (logiquement) que si ça montait, c’est que je n’étais pas au bout du chemin.
Après une quinzaine de minutes à avancer de façon hasardeuse, un panneau indique “vue panoramique Sète” sur la gauche. Un cri de joie se fait entendre en moi et j’y vais.
Et ça monte, encore et toujours !
Vingt minutes plus tard, j’arrive enfin sur un plateau, tout en haut du haut, avec une grande croix planté à coté. Je m’approche et là, ça y’est j’y suis ! C’est juste magnifique. Je ne distingue pas tous les détails mais on voit toute la ville bordée par les canaux et la mer qui l’entoure. C’est majestueux et je m’assois calmement devant ce spectacle.
Il faut maintenant redescendre. La gare se trouve à presque une heure de marche selon Google mais c’est en descente ! Je vais pouvoir souffler un peu et je garde précieusement ma canne à ma main droite qui finalement m’aide énormément.
Surtout, ne pas tomber !
Puis finalement, je vais la garder avec moi jusqu’à Montpellier, puis jusqu’au Tram, puis jusqu’au pas de ma porte.
Il aura fallu ce genre de challenge pour l’apprivoiser. Au vue de ce qu’elle m’a permis de faire aujourd’hui, elle fait maintenant partie de moi.
Et puis quand j’en aurais marre, j’ai ma canne blanche d’aveugle.
Il faut bien varier un peu les plaisirs et foutre un coup de pieds au cul à cette maladie de temps en temps 🙂
En partant pour la Nouvelle-Calédonie rejoindre un proche, l’avion fut une escale à Tokyo. Je ne pû donc m’empêcher de m’y arrêter quelques jours et visiter cette mégalopole japonaise. Je te fais part ici de mon expérience en tant que moi-même mais aussi en tant que déficient visuel. Bonne lecture !
Arrivé le 03/07/2019 à 19:00
Après quinze heures de vol aux cotés de deux jeunes femmes japonaises porteuses de masques chirurgicaux (ne me demandez pas pourquoi) j’atterris à l’aéroport Hanneda, à 30km de Tokyo.
Je suis accueillie par une jeune femme japonaise tout sourire du service handicap qui m’accompagne jusqu’à la sortie de l’aéroport. Ce service est juste exceptionnel. On te prends en charge depuis ton entrée à l’aéroport, tu passe devant tout le monde (il faut bien quelques avantages à être handicapé) jusqu’à la sortie de l’aéroport d’arrivée. Et ça, dans tous les aéroports du monde entier !
Là, j’ai expérimenté les premiers mots japonais que j’avais apprissur Youtube, deux jours avant de partir. Je demande où sont les toilettes. Elle reprends un peu ma prononciation et m’y conduit. Je t’avoue ne jamais avoir été aussi fier de poser cette question.
La signalisation japonaise est plutôt explicite…
Dès la sortie de l’avion, un premier dépaysement se fait sentir : les gens avancent dans le calme, chacun avance à son rythme sans se presser ou se bousculer.
Je prends mon transfert jusqu’à l’hôtel. Il fait nuit, il est 19 heures et plus on approche de la ville et plus les environs s’illuminent de jolis couleurs. En arrivant au pied de l’hôtel, je suis étonné par l’atmosphère qui règne. La grande rue quatre voies où je descends est déserte. Il bruine doucement, l’ambiance est très calme et pourtant tout est éclairé de milles feux autour de moi.
Lors de la visite de la chambre d’hotel, je découvre avec stupeur le système des toilettes….
Dépaysement garantie !
A la réception j’ai récupéré un pocket wifi qui permet d’avoir une connexion internet avec soi partout où l’on va. Bien pratique ! Je vois qu’il est fourni avec une petite notice. Bon je verrais ça plus tard, là j’ai trop soif de découvrir la ville.
Je m’en vais au hasard des rues de Tokyo (en essayant de bien retenir le chemin que je prends pour ne pas me perdre).
Premier objectif: manger !
Bon je ne fais pas de zèle, mon ventre parle et me somme d’entrer dans le premier restaurant calme qui passe. Ça tombe bien, à peine cinq minutes de marches et me voilà devant un petit restaurant à la vitrine bardé d’exemples des repas qui y sont proposés. Ni une ni deux, je dégaine mon smartphone et prends en photos ces jolis répliques en plastiques. Bon je n’y vois rien, ça ne ressemble pas à grand chose, du moins je suis incapable de reconnaître un quelconque aliment.
Peu importe, j’entre. Une gentille dame m’accueille, et apercevant la canne blanche, se hasarde à quelques mots d’anglais pour me décrire (grossomerdo) ce qu’ils ont à servir. Manque de bol, je n’y comprends rien. Je demande : Chicken ? Elle réponds : Yes. Je poursuis : Rice ? Elle réplique : Yes. Et voilà mon premier plat, des morceaux de poulets accompagnés de légumes, de riz, d’une soupe miso et quelques crudités. Un vrai régal !
C’est un petit restaurant de 8 tables. Autour de moi, un couple d’amies, et deux hommes mangeant seuls, chacun à une table, et vétues d’habits de travails de bureau. (Chemise pantalon et attaché-caisse). Je verrais beaucoup de personnes manger seuls au restaurant au cours de ce séjour. Il semble que ça soit assez courant dans la culture Japonaise.
Bon c’est pas tout ça mais je suis à Tokyo, il est entre 21 et 22 heures et je ne peux pas imaginer rentrer me calfeutré dans ma chambre d’hôtel. Je retourne à mes pérégrinations pédestres et observe (de ce que je peux) les environs.
Les rues sont très calmes, presque déserte. Il bruine doucement et quelques piétons se promènent accompagnés de parapluies transparents. (Je n’ai jamais compris pourquoi mais à vue d’oeil de malvoyant, 90 % des japonais possèdent ce type de parapluie pour une raison qui m’est obscure)
J’arrive à un feux tricolore. On entends une mouche voler, aucune voiture à l’horizon et je m’apprête à traverser quand j’aperçois que de part et d’autres de la rues, les japonais, immobiles, attendent en silence que le bonhomme rouge passe au vert. Je recule d’un pas et respecte la tradition non sans esquisser un sourire.
Les piétons attendant calmement le signal visuel pour traverser.
A mon retour dans la chambre d’hôtel, je décide de regarder comment fonctionne le pocket wifi. Et moi qui voulais me coucher tôt pour ne pas être trop fatigué demain, c’est raté. La configuration de ce petit appareil m’a pris une bonne heure. Pour pouvoir lire ce qui est à l’écran je dois prendre en photo puis zoomer. C’est pareil pour lire la petite notice explicative. Je t’avoue que quand j’ai enfin réussi à l’installer et le connecter à mon portable, j’ai eu l’impression d’avoir accompli quelque chose de grand.
J’ai maintenant Internet (indispensable pour naviguer dans Tokyo avec Google map) Je vais pouvoir aller dormir l’esprit tranquille. Une grande journée de visite m’attends et je brûle d’impatience de découvrir Tokyo de jour !!