04/07/2019 06:00

Salut !

Bon un petit flashback explicatif s’impose :

Dans l’avion Paris-Tokyo, il gèle, des couvertures nous sont fournis mais je grelotte au moindre bout de ma peau qui dépasse. Climatisation à fond, je regarde la rangée de droite. Ils sont en short – claquettes… bon, ça doit être psychologique me dis-je. 

Le lendemain matin, je me réveille la gorge irritée comme jamais ! C’était pas psychologique ! Je repense à mes voisines japonaises dans l’avion, les voies respiratoires clouées par un masque chirurgical. Là, je trouve ça moins con !

Bon, la journée va être longue, mais la visite de la ville va compenser ! Pour mon premier voyage seul à Tokyo, qui plus est avec mon handicap, je n’étais pas très sûr de moi. J’ai donc réservé un guide. Il m’attends à la réception.

C’est un homme d’une soixantaine d’années qui ne les fais pas du tout ! Il semble assez sportif, dynamique et est très gentil. Vis à vis de mon handicap il est bienveillant sans en faire trop et reste très discret sur le sujet. Je suis tout de suite à l’aise. Il commence par me demander ce que je veux faire.

J’ai entendu parler d’un buddah géant qui trônerais près d’un temple du coté de Kamakura, station balnéaire au sud de Tokyo. C’est l’une des premières choses que je veux voir. 

Mais avant, Il me propose d’aller faire un tour du coté de Ueno, un quartier de Tokyo dans lequel un joli espace de nature est à découvrir. De la natures à Tokyo dites vous ? Allons voir ça tout de suite !

Bon, il n’y a pas à tortiller, c’est bel est bien un espace magnifique. Cet incroyable étang nourrit une armada de Lotus qui donnent de jolies fleurs roses. 

Le mariage de la nature et du béton crée une atmosphère particulière !

Mais plus encore, la vue de cette oasis de nature au milieu des tours géantes de la ville est saisissante ! Il règne d’ailleurs un silence à couper le souffle. Quand on sait où on est, en plein coeur de la ville, on y crois pas ! C’’est reposant et je reste là, quelques minutes, à observer ce contraste qui quoi qu’on en dise, rends l’endroit étrangement charmant.

Plus tard, j’observerais énormément de disparités entre des choses qui n’ont aucun point commun et qui pourtant se marient très bien, rendant ce pays vraiment unique en son genre !

Après ce souffle d’oxygène, retour aux métros et autres trains de village direction Kamakura !

Sur le chemin, je remarque au niveau des passages piétons que lorsque le feu passe au rouge, un gazouillis d’oiseau se fait entendre, donnant le signal aux piétons pour traverser. Plutôt pratique !

Les panneaux des métros et trains sont tous traduits en anglais !

Le chemin en train prends presque une heure. Au fil du voyage, j’observe de ma petite vue floue que beaucoup de locaux s’installent à une place et dorment, bouche ouverte, leurs affaires posés nonchalamment à cotés d’eux. Ça crée une atmosphère paisible et je me rends compte que je suis le seul, à observer autour de moi. Ils sont chacun, tantôt en train e dormir, tantôt le nez fourré dans un bouquin ou leur smartphone. Ils se foutent vraiment la paix et je t’avoue que c’est tellement apaisant que moi aussi, je commence à somnoler.

Heureusement, le guide avec qui je suis me raconte un peu l’histoire du Japon. Il m’explique entre autres que le Japon est réputé comme étant le pays le plus sûr du monde et que c’est pour ça que les japonais n’ont absolument pas peur pour leurs affaires. J’apprends que je peux laisser mon smartphone, là, sur la banquette et m’endormir, et que personne n’y touchera. Que si quelqu’un le trouve, il fera tout pour me retrouver et me le rendre. 

J’ai alors envie d’essayer, mais vu l’importance qu’a ce petit objet de technologie dans ma vie de malvoyant, je me rebiffe !

Au cours du trajet, je remarque que chaque station de métro ou de train a sa musique particulière. Celle-ci, durant quelques secondes, est joué dès qu’un métro s’arrête sur le quai, signifiant aux passagers, sans même avoir à regarder, de quel station il s’agit. Plutôt cool quand on bigle !

Une petite heure de discussion passionnante plus tard, on arrive à la gare ! Quand on passe de la capitale japonaise à Kamakura, tout parait minuscule. 

En effet, ce sont de petites routes bordées de trottoirs étroits et casse-gueule. Les infrastructures ne font pas plus d’un étage et la ville est calme. (Du moins pour ce qui est du matin). Les murs sont souvent très colorés, passant de jaune poussin à des bleus turquoise et plus foncés. Les entrées des restaurants, magasins et autres habitations sont très petites. Pour te dire, il faut se baisser pour passer les portes. La ville est finalement assez typique de ce qu’on peut s’imaginer d’une petite ville japonaise.

Par contre niveau accessibilité on repassera ! Les infrastructures, bas de plafonds sont en plus pleines de petites marches. Sans parler des trottoirs qui sont minuscules et abimés à plein d’endroits ! L’embout roulant de ma canne blanche se coinçait et a failli y passer plus d’une fois !

Quinze minutes de marche depuis la gare de Kamakura et nous y voilà ! A l’accueil du temple, mon guide explique en japonais à l’agent chargé d’encaisser les entrées que je suis handicapé. Je ne comprends pas et m’apprête à payer quand d’un grand sourire, la dame m’invite à entrer. Agréablement surpris, j’entre et profite de cet endroit magique gratuitement. Au cours de mon séjour, je ne débourserais pas un centime pour entrer dans les lieux de visites de la ville ! Le handicap parfois, c’est plutôt sympa.

En grimpant les marches d’entrées du temple, une énorme masse noire se dessine petit à petit devant moi. « Ah ouais quand même, ils ont pas fait semblant ! » me dis-je. Plus je m’approche de ce mastodonte méditant et plus les détails de son imposante stature prennent forme. Il est en fait fait de bronze. 

Surtout, ne pas le réveiller !

Dans une petite pièce du temple, les marques de ses claquettes sur le sol sont exposés. Elles font le double de ma taille. Pas intérêt de l’enmerder ! J’apprends qu’il fait (que…) 13 mètres de hauteur et que le plus grand du monde se trouve aussi au Japon, mais dans la ville d’Ushiku et ne fait pas moi de 120 mètres de haut. Pour te donner une idée, c’est à peu près la moitié de la tour eiffeil…Bon là, c’est clair, la spiritualité et le japon sont une seule et même chose !

A midi, on va manger dans un petit restaurant typique. Le guide commande pour moi un repas très traditionnel.

Les repas japonais sont souvent faits d’un assemblage de plusieurs petits plats. Un vrai bonheur pour les papilles !

Cette après-midi, on ira visiter quelques temples boudhistes traditionnels pour mieux comprendre la place de cette spiritualité dans la culture japonaises. Et j’enchainerais sur la visite d’une pharmacie car je suis tout simplement en train d’être aphone. Cela a été très riche en informations et je ne pourrais pas t’en faire un résumé ici. Toutefois, voici quelques photos et leurs explications :

Un petit temple bouddhiste du centre-ville et un de ces fameux parapluies japonais transparents.
En matière de spiritualité, le gigantisme architecturale est à l’honneur ! Cette porte n’est qu’une des nombreuses portes du domaine où se trouve les temples. En la traversant, nous sommes censés nous purger de nos mauvaises pensées et mettre de coté notre égo.
Le domaine est si paisible et si joli qu’on en oublie la pluie !
Et on enlève ses chaussures à l’entrée ! !
Les temples boudhistes sont souvent décorés jusqu’au plafond et rien n’est laissé au hasard ! Ici ces dragons permettent de protéger le temple des nombreux intempéries qui sévissent.
Un petit jardin en plein coeur d’un des nombreux temples du domaine.
Au japon, la végétation est hyper controlé ! Ce n’est pas très perma-culture tout ça, mais qu’est ce que c’est beau !
Ce soir je mange des Soba, ces pates froides de sarrasin que l’on trempe dans une petite soupe. Typique du Japon, et super bon ! La restauratrice, une petite dame au sourire gravé jusqu’aux oreilles ( littéralement comme dans les mangas ) était d’une gentillesse et d’une joie de vivre incroyable ! Et oui, je t’avoue que ça aussi, ce fut dépaysant !
Après-manger, c’est petite promenade et immersion dans les rues écarlates de Tokyo.

Ce soir, je suis claqué ! La précédente nuit très courte à cause du décalage horaires commence à se faire sentir ! La journée fut intense, épuisante mais passionnante. Un médicament pour la gorge et quelques rues plus tard, je vais me coucher ! Dans l’état où je suis, la nuit ne peut qu’être réparatrice !

Demain, ma première journée seul m’attends et j’ai très hâte de vivre Tokyo en autonomie !

A très vite !