Salut,
Ça fait longtemps que je n’ai pas publié ici mais le temps ne me le permettait malheureusement plus.
Toutefois, grâce ou à cause de ce confinement, j’ai du temps pour moi. Et du coup, je me rends compte de certaines choses, de certaines pensées, de questionnements que je n’avais pas pris le temps d’entendre et qui là, frappent à la porte avec entrain.
C’est pourquoi, non sans appréhension, j’ai ouvert la fenêtre, (Non par ce que c’est qu’ils sont nombreux là dedans, vaut mieux filtrer le passage.) et j’ai écouter ces doléances.
Bon, pour faire simple, il s’agit de la maladie qui peu à peu me grignote de l’intérieur. Et avec le confinement, et l’aérobic de maison obligatoire pour tous, je me suis rendu compte d’une nouvelle manifestation de la sclérose en plaques.
En effet, après la perte de la vue, bientôt de la marche, c’est aujourd’hui au tour de mon bras droit de m’abandonner peu à peu. Et il va sans dire que selon toute probabilité, celui-ci suivra le chemin de sa voisine la jambe droite (bientôt à la retraite) .
Alors, je vais pas faire semblant d’en être insensible, non, cette maladie fait chier ! Mais puisqu’il en est ainsi et que je n’ai pas encore le super-pouvoir de régénérer mes cellules mourantes, il faut bien trouver une raison de vivre qui balaie le coté obscur de la force.
Et en ces temps d’isolement social généralisé, je n’ai eu d’autres choix que de me tourner vers des êtres toujours présents quoi qu’il arrive, les stoïciens. Pour aller à leur rencontre, il suffit de tourner des pages ou de faire des micro mouvements du doigt droit. Et heureusement, le doigt n’est pas confinable.
Bref, le postulat du Stoïcisme est on ne peut plus simple : Dans la vie, il y’a ceux qui ont le pistolet chargé, et ceux qui creuse, il y a ce qui dépends de moi et ce qui ne dépends pas de moi.
Dans le Manuel d’Epictète, un ouvrage qui, point par point, nous délivre la doctrine philosophique pratique du stoïcisme, il nous est explicité cette vision des choses. Voyons en premier, ce qui dépends de moi :
« Les choses qui dépendent de nous sont par nature libres, sans empêchement, sans entraves. »
Il dépends donc de moi de travailler pour atteindre mes objectifs, d’entretenir mon corps malade, de bien agir. Il est dans mon plein pouvoir d’étudier, d’apprendre, de me cultiver. Rien ni personne ne peux m’en empêcher. Je suis totalement libre de ce que je fais de mon corps et de mon cerveau. Libre de ce que je fais de moi. Les cartes sont distribués et il est c’est à mon tour de jouer, avec les moyens qui me sont alloués. Un peu comme le début d’un scénario dans « Zeus, le maître de l’Olympe » sorti en l’an 2000 sur PC. The best game ever, pour les anciens.
En revanche : « Les choses qui ne dépendent pas de nous sont dans un état d’impuissance, de servitude, d’empêchement, et nous sont étrangères ».
Il ne dépend donc pas de moi d’avoir tel ou tel corps, d’être né ici ou ailleurs, les opinions qu’ont les autres de moi. Si il dépend en effet de moi d’agir bien ou mal à ma guise, les opinions qu’ont les autres de moi me sont étrangères. De même qu’il ne dépends pas de ma volonté d’avoir hérité de tel corps, d’être malade, ou d’être né dans tel famille. On dit donc que l’on ne choisit pas sa famille mais en vrai, on ne choisit pas grand chose. On ne choisit pas avec quel jeu on démarre la partie mais est ce que comme au Poker, y’a toujours moyen de se refaire ?
Bref, Le Manuel nous dit ainsi: « Souviens-toi donc que, si tu crois que les choses qui sont par nature dans un état de servitude sont libres et que les choses qui te sont étrangères sont à toi, tu te heurteras à des obstacles dans ton action, tu seras dans la tristesse et l’inquiétude, et tu feras des reproches aux dieux et aux hommes. »
En effet, c’est en désirant changer ce sur quoi je n’ai aucun pouvoir, ce qui ne dépend pas de moi, mais que pour une raison x ou y, je n’accepte pas, que je déroule le tapis rouge à la frustration, la colère et la souffrance. Ca sert donc à rien de gueuler contre son jeu de carte, de tout envoyer valser et de partir bouder dans un coin. (Même si ça fait du bien).
La philosophie d’Epictète conclue : « Si au contraire tu penses que seul ce qui est à toi est à toi, que ce qui t’est étranger – comme c’est le cas – t’est étranger, personne ne pourra plus exercer une contrainte sur toi, personne ne pourra te forcer, tu ne feras plus une seule chose contre ta volonté, personne ne pourra te nuire, tu n’auras plus d’ennemi, car tu ne subiras plus de dommage qui pourrait te nuire. »
Ici, je trouve une première piste de réflexion qui me permet d’appréhender la maladie de manière différente. Effectivement, à l’heure actuelle, il n’y a rien que je puisse faire pour guérir de la maladie. Bien qu’elle fasse partie de moi, elle m’est étrangère, son évolution ne semble pas dépendre de moi – de ce qu’en sait la science. Mais il dépends encore de moi d’apprendre, de faire du sport, de me cultiver, d’aimer, de rire…Oui, j’ai encore le choix de la manière dont je choisi de vivre cette vie. En gros, Get rich or die tryin‘ comme disait le philosophe 50 Cent.
Et guérir, on sait jamais…sur un malentendu, ça peut marcher.
« La maladie est une entrave pour le corps, mais non pour la volonté. A moins que celle-ci n’y consente. » Epictète
A bientôt !