
Salut !
Je voudrais te parler un peu de sport, notamment en lien avec le handicap, et plus précisément avec la sclérose en plaques.
Bien conscient que ça n’intéressera qu’une minorité d’entre vous, je ne t’en voudrais pas si, nonchalamment, tu fermerais cette page. Et malgré le titre (pas) accrocheur, tu as quand même pris de ta précieuse énergie pour cliquer sur ce lien ! Donc au contraire, j’admire ta bravoure.
Bon cela étant dit, allons au coeur du sujet : le sport !
Un mot qui je sais, pour certains, doit sonner de la même manière que : la mort ! Oui je sais. C’est pas du tout évident de s’y mettre, et/ou remettre, encore et encore quand on est pas très attiré naturellement par ce « loisirs ».
Pourtant, on sait tous les bienfaits que ça apporte au corps, à l’esprit, à la santé etc etc…`C’est écrit partout, même la publicité censée nous faire consommer de la m**** nous dit, tout bas, à la fin, « Pour votre santé, bougez plus ». Bon je passerais sur la légendaire hypocrisie de la publicité, ce n’est pas le sujet.
Alors oui, c’est encore plus frustrant de savoir que c’est excellent pour notre santé, quand nous restons sur le canapé et avons du mal à nous mouvoir jusqu’à la cuisine. Et ici je parle sérieusement de personnes qui – entre autres – à cause de la sclérose en plaques ont les muscles raidis, contractés et ne peuvent que difficilement se déplacer.
Alors dans ce cas, comment suivre les précieux conseils de la télé ? Comment faire de l’exercice ? Comment « manger-bouger » quand juste faire la cuisine est un épuisement de toutes parts ?
Bon je dois te dire la vérité. Tu t’en doutes, je ne suis personne pour prodiguer de quelconques conseils de santé, encore moins vis à vis de personnes en difficultés.
Ici, je vais ne te parler que de mon témoignage, de ma façon de faire du sport malgré mes handicaps.
Oui car même si je suis malvoyant à plus de 80% et que ma jambe droite trainasse derrière mon corps lourds dès que je me meut plus de 10 minutes, j’ai moi aussi, envie d’être beau comme Ulysse et entretenir mon corps malade.
La maladie faisant coucou à peu près tous les deux ans pour me rappeler que je ne suis pas immortelle en me supprimant telle ou telle fonction du corps, j’ai eu quelques fois à changer de programme.
Quand j’ai appris la maladie, j’ai d’abord couru. Et j’ai couru assez longtemps, assez vite, me faisant prendre tellement gout à cet exercice que j’avais l’impression d’en être un peu accro.
Petit à petit, rentrant gaiement dans les valises des piétons, butant sur un trottoir, traînant la patte sur la fin, j’ai compris que ça n’allait pas durer.
J’ai continué à en profiter un peu puis, c’est devenu trop dangereux à mon gout. Courir dans un flou qui s’épaississait au fil de l’effort, accompagné de ma jambe droite faiblarde, bon, j’ai dis stop.
Je me suis alors lancé dans le sport en salle de sport. Là, c’était bien.
Je pouvais faire de la musculation, le cul posé sur un banc pendant une heure. Peu de risques donc mais pas très épanouissant (je trouve). En effet, lever un poids quinze fois de suite, les yeux fixés u plafond ne m’a pas émoustillé bien longtemps.
Du coup, je perdais ma motivation, mon temps, et surtout mon argent qui tous les mois, filait irrémédiablement à la salle de sport comme un voleur.
Bon et aujourd’hui, qu’est ce que je fais ?
Et bien, moi qui détestais la piscine, ses bonnets de bain en forme de préservatifs et ses moules-bites qui te font ressembler à un mec des films Camping, j’ai tenté l’aventure aquatique.
J’ai donc commencé sagement avec le club de handi-sport de ma région. Et grand bien m’a pris puisque je ne savais nager autre chose que la « brasse de grand-mère » comme disait mon entraineuse. Effectivement, tout était à faire et les débuts n’ont pas été tout rose.
Mais un an après, je savais nager le crawl, le dos et la brasse coulée. Et j’adorais ça.
Non pas que le sport en lui-même me passionnait, c’est un sport assez banal finalement, sans enjeux particuliers. Non, ce que j’ai adoré, c’est l’inertie de mon corps dans l’eau. C’est la soudaine légèreté éprouvé, quand tout à coup, arrivant en boitant , je me met à glisser sur l’eau comme une brindille au gré du vent. Et c’est littéralement jouissif.
Parfois, je t’avoue me surprendre en train de nager, fermant les yeux, profitant juste des sensations de bien-être, de légèreté, de sécurité que m’apporte l’eau. J’irais presque jusqu’à dire que j’ai parfois l’impression de voler mais non, je ne te donnerais pas l’adresse de mon dealeur.
Du coup, nager est devenu une drogue de la même façon que courir l’a été à une époque de ma vie
Mais celle là, c’est vraiment de la bonne !
A très bientôt !